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 Arsène Wenger [FIFA]

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MessageSujet: Arsène Wenger [FIFA]   Arsène Wenger [FIFA] I_icon_minitimeJeu 23 Avr 2020 - 6:30

Le magnifique double don d'Arsène Wenger aux hôpitaux alsaciens
Arsène Wenger [FIFA] De-ret11

Confiné depuis la mi-mars dans sa maison du nord de Londres, Arsène Wenger n’en suit pas moins l’actualité alsacienne en ces temps de pandémie de coronavirus. Très touché, le mythique entraîneur d’Arsenal a fait deux dons de 30 000 euros chacun aux hôpitaux de Mulhouse et Strasbourg.

Loin des yeux, près du cœur. Telle est la relation qu’Arsène Wenger entretient avec son Alsace natale, son Alsace chérie. Alors, forcément, l’avoir vue mettre un genou à terre, lorsque le coronavirus s’est répandu du sud au nord entre Vosges et Rhin, l’a particulièrement remué.

« J’ai été extrêmement touché par des images extrêmement dures, raconte l’ex-entraîneur d’Arsenal depuis son domicile londonien où il a débuté son confinement le 16 mars. En plus, j’ai des personnes dans ma famille qui travaillent dans le milieu médical, donc j’étais au courant de ce qui se passe. Je trouve que la région a très bien réagi. »

« La solidarité est une chaîne et on en a besoin face à ce virus qui se propage à très grande vitesse »


« Reconnaissant » pour l’éducation qu’il a eue en Alsace, le tout frais septuagénaire s’est demandé comment participer à l’effort collectif, lui qui a prêché le don de soi pendant plus de trois décennies de Nancy à Nagoya, de Monaco à Arsenal. L’idée a fait son chemin et a pris corps au fil des stammtisch quotidiens en Facetime avec ses amis alsaciens.

Résultat : deux dons de 30 000 euros chacun au groupement hospitalier de la région Mulhouse Sud Alsace et aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Deux villes mais aussi trois clubs – le FCM, les Pierrots Vauban et le Racing – dont Arsène Wenger a porté les couleurs.

« Je me suis dit qu’il y avait une opportunité d’aider ma région, on ne va pas en faire tout un plat, élude-t-il. Si ça peut inciter d’autres personnes à le faire, tant mieux. La solidarité est une chaîne et on en a besoin face à ce virus qui se propage à très grande vitesse. Il est aussi mobile qu’un footballeur. »

Depuis Totteridge, quartier résidentiel verdoyant du Borough londonien de Barnet, l’enfant de Duttlenheim a eu une prise de conscience précoce des ravages du Covid-19. En Angleterre, « tout le monde était encore dehors » et la menace apparaissait lointaine mi-mars. C’est l’hospitalisation du Premier ministre Boris Johnson qui a agi comme un électrochoc de l’autre côté du Channel.

Douceur printanière à Totteridge


Le Royaume-Uni n’est pas épargné par la pandémie. Et il a lui aussi appris à vivre avec le décompte macabre des personnes emportées par le coronavirus. « Londres, où les gens étaient exposés, a été très durement touchée. Il y a par exemple vingt-six chauffeurs de bus (et agents d’entretien) qui sont morts. On dénombre plus de dix-sept mille morts sans compter ceux dans les EHPAD. Partout en Europe, on a longtemps ignoré le problème. Quand on voit que des supporters italiens ont pu assister au match entre Lyon et la Juventus au début de la pandémie… »

Depuis son domicile du nord de Londres, Arsène Wenger sait vivre son confinement « dans des conditions privilégiées ». L’angoisse d’attraper le virus a cédé le pas aux précautions d’usage pour se prémunir de toute attaque du Covid-19. Rejoint par sa fille Léa, brillante étudiante à Cambridge, l’Alsacien continue à structurer ses journées pour « conserver une certaine discipline et ne pas se laisser aller ». Et il profite d’une relative liberté de mouvement pour jouir de la douceur printanière.

« Depuis vingt-quatre ans que je vis ici, je n’ai jamais vu ça ! On a un printemps magnifique. Je sors faire mon footing ou je prends mon vélo. J’appelle des amis, je lis, je m’informe », égrène le coach des Invincibles vainqueurs de la Premier League en 2003-2004.

« Le bon moment pour se recentrer »


De ce moment suspendu, Arsène Wenger a choisi d’en faire un « moment d’apaisement ». Même si l’hyperactif qu’il est ne souhaite pas, non plus, que la situation s’éternise bien qu’il ne chôme pas actuellement en raison de ses obligations à la FIFA (voir ci-contre).

« Ces six derniers mois, j’ai passé ma vie dans les avions, j’ai beaucoup voyagé. Je pense que ce style de vie va disparaître. On sera plus en danger après le confinement car le virus sera toujours là, estime-t-il. Dans la vie active, on court après des choses qui ont plus ou moins d’importance. C’est le bon moment pour se recentrer, pour passer plus de temps avec soi, même s’il arrivera bien un moment où on aura fait le tour de soi ! On réfléchit à ce qui compte, aux gens qui comptent. »

Et pour Arsène Wenger, manifestement, les Alsaciens font partie de cette catégorie.
dna
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MessageSujet: Re: Arsène Wenger [FIFA]   Arsène Wenger [FIFA] I_icon_minitimeJeu 23 Avr 2020 - 6:40

dna a écrit:
Au cœur d’une « intense réflexion » à la FIFA

Arsène Wenger [FIFA] Title-99
Directeur du développement du football mondial à la FIFA depuis le 13 novembre, où il manage environ 200 salariés, Arsène Wenger n’a pas coupé les ponts avec la Fédération internationale depuis le début de la pandémie de coronavirus.

« On continue à faire des réunions Skype. C’est une période d’intense réflexion. Il faut replanifier toutes les compétitions et je suis admiratif de la réactivité des équipes qui repensent tous les calendriers. On doit aussi réunir les entraîneurs, les dirigeants et les joueurs autour de la question sanitaire car il subsistera malgré tout des risques. Aujourd’hui, personne ne peut vraiment évaluer la situation », tient à rappeler celui qui siège aussi dans deux groupes consultatifs (football et technique) de l’IFAB impliqués dans les processus décisionnels et de révision concernant d’éventuelles modifications des “lois du jeu”.

En retrait de la Premier League depuis mai 2018 et la fin d’un règne de 22 ans à Arsenal – trois championnats, sept Cup, sept Community Shield, une finale de Ligue des champions (2006) et de la Coupe de l’UEFA (2000) –, le plus célèbre des entraîneurs alsaciens reconnaît que la « compétition [lui] manque ». « Mais après avoir passé plus de vingt ans dans un club, il est difficile d’aller ailleurs. » Désormais, le septuagénaire prend à cœur le rôle pédagogique que lui a confié la FIFA. Toujours lancé dans un diagnostic mondial pour bien identifier les besoins, il souhaite « partager ce [qu’il a] appris avec le plus grand nombre ».

« Rien n’indique un changement profond dans la structure du football »


Éviter que le fossé ne se creuse entre l’Europe et le reste du monde, développer le football féminin, structurer les compétitions de jeunes en Afrique, etc., les défis ne manquent pas. Le plus pressant concerne la reprise des championnats en cette période délicate. La Bundesliga, qui aimerait retrouver les pelouses le 9 mai, pourrait de facto devenir un « championnat test ».

« On ne retrouvera pas tout de suite le football tel qu’on l’a connu puisque les rencontres seront à huis clos. Au moindre rebond du coronavirus, se posera aussi le problème des assurances en cas d’accident grave. Pourra-t-on jouer dans un environnement suffisamment sûr sur le plan médical ?, questionne l’Alsacien. S’il y a le moindre incident en Allemagne durant la phase de reprise, cela aura forcément des répercussions beaucoup plus larges. »

Est-ce à dire qu’il y aura un avant et un après Covid-19 dans le football ? Arsène Wenger se montre très nuancé. D’une part sur la surcharge des calendriers. « Il n’y a que les tops joueurs qui y sont confrontés. En fait, il faudrait prendre le problème à l’envers et définir combien de jours de repos on veut pour chaque joueur. » D’autre part sur un changement structurel de l’économie du ballon rond. « Je suis de nature optimiste mais sur ce sujet-là, je suis profondément pessimiste. La compétitivité ne va pas baisser. Les transferts seront sans doute impactés sur les deux prochaines années. Mais rien n’indique un changement profond dans la structure même du football qui, aujourd’hui, est en grande partie dans les mains des médias (via les droits TV). »
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MessageSujet: Re: Arsène Wenger [FIFA]   Arsène Wenger [FIFA] I_icon_minitimeMer 25 Nov 2020 - 11:09

[Grand format] Arsène Wenger total football 1/6 : une enfance alsacienne

Arsène Wenger [FIFA] Title198

Alors que paraissent ses mémoires, il est temps de retracer en grand format le parcours d'Arsène Wenger, héros du football alsacien. Voici donc le portrait d'un entraîneur aussi célèbre que discret, raconté par ceux qui l'ont connu. Ce premier épisode retrace son enfance à Duttlenheim, à l’ouest de Strasbourg. C’est là, dans le bistrot de ses parents ou sur le terrain mal dégrossi du village, qu’est née sa passion pour le football. Elle ne le quittera plus jamais.
Rêves de comptoir
Arsène Wenger a passé son enfance à Duttlenheim, à l’ouest de Strasbourg. C’est là, dans le bistrot de ses parents ou sur le terrain mal dégrossi du village, qu’est née sa passion pour le football. Elle ne le quittera plus jamais.

C’est une anecdote qu’Arsène Wenger a narrée récemment, lors de son retour à Strasbourg pour la publication de ses mémoires. « Le matin du mariage de mon ami Patrice Harquel (ancien speaker du Racing notamment, NDLR), on a joué au foot. J’étais le témoin. On n’a pas vu le temps passer et on est arrivé en retard à la cérémonie, avec de la sueur encore plein le front. »
Une scène cocasse qui résume parfaitement ce qui n’a jamais cessé d’aimanter Arsène Wenger : le football, avant tout, partout, tout le temps et par tous les temps. Une passion qui l'a saisi petit et ne l’a plus jamais lâché. Un amour foot qui a régi toute sa vie et en a fait l’un des Alsaciens les plus célèbres au monde. Une attraction qui puise sa source dans son enfance passée dans le village de Duttlenheim dans l’immédiate après-guerre.
Une initiation dans le bistrot parental
Arsène Wenger [FIFA] L-anci10
L'ancienne Croix d'Or, bistrot des parents d'Arsène Wenger à Duttlenheim, aujourd'hui appelé La Baïta.
« Je suis un enfant d’un autre siècle », clame le septuagénaire dans son livre où il décrit la vie tranquille et laborieuse d’un village à la population agricole à 90%. Pendant que Louise et Alphonse, ses parents, servent des amers au comptoir d’A la Croix d’Or, leur bistro de la rue du Général-De-Gaulle, le jeune Arsène apprend à traire les vaches, à labourer, à travailler aux champs.
Dans cette vie très normée, sans être monotone pour autant, le football devient rapidement la principale distraction pour la jeunesse du village. « Le jeudi après-midi, le samedi et le dimanche après la messe, on allait taper dans le ballon. Et nos vacances scolaires, on les passait du matin au soir sur les terrains de foot et de basket, se souvient Hugues Schall, l’un des amis d’enfance du futur manager d’Arsenal. C’était une belle époque. On avait toujours plaisir à se retrouver sur le terrain. »
A Duttlenheim, dont les gamins ne s’échappaient pas souvent si ce n’est l’été pour rejoindre, à vélo, la piscine de Molsheim, les dérivatifs ne sont pas nombreux. Mis à part taper dans un ballon, on joue au skat au sein du club de cartes. Plus tard, il y aura les bals populaires, une « discipline » où Arsène Wenger, déjà « bel homme » dixit Schall, connaîtra là aussi un certain succès…
Le foot, donc, vient rapidement combler un vide. C’est dans l’estaminet familial d’une vingtaine de tables, où « la bière et les gauloises » font bon ménage, que sa passion est attisée par les discussions de comptoir. « C’était un bon champ d’observation car tout le monde était là, c’était le cœur du village, se souvient le futur licencié de l’AS Mutzig. Les gens parlaient de leur service militaire, ce qui m’a peut-être donné le goût de l’aventure. Mais on discutait surtout de foot, presque que de ça, au point que je pensais que c’était la chose la plus importante du monde. »
La Croix d’Or est aussi le QG du FC Duttlenheim. Naturellement, Arsène Wenger revêt le maillot rouge et blanc, deux couleurs qui le poursuivront tout au long de sa carrière d’entraîneur professionnel. Peu importe qu’il faille faucher la pelouse régulièrement à l’aide des chevaux, que les installations soient sommaires, les deux cages et le ballon suffisent à son bonheur.
« On avait une bonne équipe chez les pupilles et les minimes. On est cinq, six à avoir intégré l’équipe « une » assez jeune. On jouait avec des hommes qui avaient dix ou quinze ans de plus que nous, se remémore Hugues Schall qui avait trouvé en le petit-fils de ses voisins son alter ego. Jusqu’à nos 20 ans, on partageait tout. L’un était chez l’autre comme chez lui. »
Sans entraîneur spécifique, les plus jeunes font leurs armes auprès des adolescents. Notamment le frère d’Arsène Wenger, Guy, de cinq ans son aîné. Un contexte propice au dépassement de soi, celui qui fait « apprendre la gagne ». Et puis les gamins peuvent compter sur les conseils de Bernard Schallon, « un joueur très doué, licencié au Racing en championnat de France amateur et qui a failli passer professionnel à Reims », se souvient cet ancien cadre du Crédit Mutuel.
« C’était un accrocheur, techniquement, il était déjà le meilleur d’entre nous »

En plus d’être un exutoire pour les jeunes, le football crée du lien social les jours de match avec les familles qui encerclent le terrain. Le jeune Arsène n’est pas très expansif, un trait de caractère hérité de ses parents, des gens de peu de mots, « durs au mal », « des exemples de courage ». Mais il trouve sur le rectangle vert un terrain d’expression à sa mesure. Le taiseux préfère parler avec ses pieds.
« Il était accrocheur, et techniquement, il était déjà le meilleur d’entre nous. Pourtant, il n’était pas le capitaine de l’équipe, c’était un introverti », rembobine Hugues Schall. « A l’adolescence, ce n’était pas un crack. Tout le monde s’accorde à dire que son frère Guy était plus fort mais il n’envisageait le foot que comme une distraction. Arsène, sur le terrain, c’était un travailleur, alors que moi j’étais du genre à faire des petits ponts pour m’amuser, décrit Jean-Marie Duton, qui se liera plus tard d’amitié avec « le Grand » lors des sorties au bal. On avait joué l’un contre l’autre quand on avait dix ou onze ans. »
A ces âges, les footballeurs en herbe se créent leurs propres mythes, rehaussent les enjeux de leurs parties dominicales. Comme ce tournoi de fin de saison, qui mettait aux prises quatre équipes du village bénies par le curé, que Wenger et ses copains vivaient comme une « Coupe du monde ». Ils s’abreuvent aussi du jeu de leurs idoles comme cette finale de la Coupe des clubs champions sur le poste de télé en noir et blanc de l’école communale. Cette année-là, en 1960, le Real donne la leçon à Francfort (7-3) et entre dans le cœur d’un garçon de 10 ans.
Son admiration va aussi au Borussia Mönchengladbach « au jeu très dynamique » et plus globalement à l’ensemble du football allemand qui atténue la haine de l’ennemi, toujours vivace et enseignée aux plus jeunes, après l’épisode douloureux de la Seconde Guerre mondiale.
Et, bien sûr, le Racing, son club de cœur, tient une place à part. « Mon oncle m’y emmenait (à la Meinau, NDLR) une fois par an. Pour moi, c’était Noël », sourit celui qui n’imaginait pas, alors, revêtir un jour ce maillot.
Arsène Wenger [FIFA] Arsene10
Arsène Wenger (deuxième en partant de la gauche dans le rang du milieu) et son ami Hugues Schall (juste au-dessus de lui), en Terminale au lycée Freppel d'Obernai, en 1967
A l’époque, penser vivre du foot est une chimère. Un rêve doré qui permet de passer le temps au lycée Freppel d’Obernai. Sous les crampons, la plage ? Même s’il avoue n’avoir pas été le plus assidu des élèves, Arsène Wenger n’a pas lâché ses études et a « tout rattrapé » à partir de ses 15 ans. Son baccalauréat S lui permet de fréquenter l’université d’où il ressortira avec une licence d’économie. Cet horizon est bien plus sérieux que de s’imaginer taper dans un ballon toute sa vie. Et pourtant…
« Je n’imaginais pas arrêter le foot, sinon ma vie n’aurait plus eu de sens
« Si pour les gens du village, le foot c’était le dimanche pour se reposer (du travail de la semaine, NDLR), il était évident que pour moi, si l’occasion se présentait de passer ma vie dans ce milieu, je n’hésiterais pas, narrait-il au Club de la presse en octobre dernier. Je n’imaginais pas arrêter le foot, sinon ma vie n’aurait plus eu de sens. »
Le hasard, plus vraisemblablement le destin, a décidé de le combler au-delà de ses espérances. « Il n’a pas cherché à se faire repérer. Sans Max Hild (alors entraîneur de Mutzig, NDLR), il serait peut-être resté à « Dutt ». C’était difficile de quitter les copains, d’autant plus que le club commençait à connaître une phase ascendante. »
Mais à 19 ans, la vie va en décider autrement. Lui qui a toujours été mauvais perdant, Arsène Wenger doit tout à une défaite. Certainement la seule à laquelle il repense en ayant le sourire…
Depuis quatre ans maintenant, Arsène Wenger a un stade à son nom. Il s’agit de celui de l’USL Duppigheim, commune limitrophe du village de Duttlenheim où le célèbre entraîneur a passé toute son enfance. Comment en est-on arrivé à cette inauguration le 22 mai 2016

« Je ne comprenais pas pourquoi une vedette mondiale, un personnage reconnu, n’avait pas donné son nom à un stade dans sa région natale, explique Jean-Marie Duton, deux fois adjoint au maire à Duppigheim et grand ami de celui qui était encore manager d’Arsenal à l’époque. On a lancé l’idée. Il m’a dit : « Tu es fou, tu vas avoir un problème avec les gens de mon village ». Ça n’a pas loupé mais ils n’avaient qu’à lui demander avant ! »
Les anciennes gloires du football alsacien – André Tota (le père du chanteur M. Pokora), Jean-Jacques Marx, Joël Tanter, Roland Wagner… – ont répondu présent lorsqu’Arsène Wenger est venu couper le ruban avant de prendre place sur… le banc lors d’une opposition entre une sélection de vétérans et d’anciens professionnels de la région.
Pour Jean-Marie Duton, cet hommage n’est que justice. « Même s’il était très gêné, car c’est une personne d’une grande modestie, c’était une évidence. » Le principal intéressé n’en tire aucune vanité. Mais il a apprécié le geste. « Avoir un stade à mon nom, c’est une forme de reconnaissance pour ce que j’ai fait. Cela donnera également à penser aux jeunes du coin qu’un jour ils pourront eux aussi, s’ils s’en donnent les moyens, laisser une trace dans le paysage… »
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MessageSujet: Re: Arsène Wenger [FIFA]   Arsène Wenger [FIFA] I_icon_minitimeMer 25 Nov 2020 - 11:21

De l’AS Mutzig à l’AS Vauban, du FC Mulhouse au Racing (2/6) L’amateur éclairé

Arsène Wenger [FIFA] Arsene11
Arsène Wenger a passé toute sa carrière de joueur en Alsace, notamment à l’AS Mutzig et à l’AS Vauban où le milieu de terrain s’est forgé de jolis souvenirs en Coupe de France.

Arsène Wenger [FIFA] Arsene12
Arsène Wenger (numéro 10) avec l’équipe de l’AS Mutzig où l’on reconnaît notamment son ami Michel Bossert (9) et Albert Gemmrich (11).
Entraîneur émérite, Arsène Wenger n’en a pas moins été footballeur. S’il a davantage joué chez les amateurs, le milieu de terrain, reconverti plus tard en défenseur central, a terminé sa carrière en apothéose dans “son” Racing : jouer quelques matches avec l’équipe championne de France.
L’avantage, quand on commence par une défaite 7-1, « une taule » dixit Jean-Marie Duton, capitaine des vainqueurs ce jour-là, c’est qu’il est difficile de faire pire par la suite. La carrière de footballeur amateur d’Arsène Wenger a donc pris son envol le jour d’un match de Challenge des Espoirs durant lequel son équipe du FC Duttlenheim a pris la marée face à l’AS Mutzig.« On était tous très tristes après le match, se souvient Hugues Schall, l’ami d’enfance du jeune milieu de terrain. Individuellement, on n’était pas moins bon mais eux avaient un entraîneur qui savait les faire jouer collectivement. Nous, nous n’étions qu’une bande de copains. Et dans mes souvenirs, Arsène n’avait pas fait un meilleur match que d’habitude. »
Repéré par Max Hild
Arsène Wenger [FIFA] Arsene13

Pourtant, dans le camp des vainqueurs, l’entraîneur Max Hild, celui qui deviendra le père spirituel du futur manager d’Arsenal, a une autre vision de la performance de ce grand gaillard. « Je me souviens que Max était entré dans le vestiaire et s’était adressé à nous avec sa façon de rouler les “r” : “Aujourd’hui, j’ai vu un grand joueur.” Je m’étais levé et je lui avais lancé : “Merci Max.” Et il m’avait répondu : “Je ne parle pas de toi imbécile. Qui connaît le grand blond d’en face ? ” », raconte dans un sourire Jean-Marie Duton qui allait plus tard devenir un intime de la future recrue.
Arsène Wenger le reconnaît sans peine. « Cette défaite a changé ma vie. Je jouais dans l’équipe de mon village, dans l’une des plus basses divisions départementales. Et à 19 ans, j’ai sauté les échelons très vite. J’ai toujours respecté les entraîneurs que j’ai eus par la suite car je savais ce que ça faisait de ne pas en avoir. »
A la fin des années 1960, on ne quitte pas son village, son îlot, sur un coup de tête. Mais l’opportunité que le jeune Arsène attendait, celle dont il rêvait, est enfin arrivée. « Il fallait qu’il tente sa chance au-dessus. Et vu sa valeur, on n’a pas été surpris par la carrière qu’il a faite par la suite », assure Hugues Schall.
C’est avec Max Hild qu’Arsène Wenger rend visite à son père Alphonse dans l’entreprise de pièces détachées qu’il avait créé à la Plaine des Bouchers à Strasbourg avant même d’avoir vendu le bistro familial. Ensemble, ils le convainquent de laisser le footballeur en goguette tenter l’aventure en troisième division. C’est dans une Simca 1 000 orange, « de style DDE » comme en rigolent encore aujourd’hui ses amis, que le jeune homme, jean et cheveux longs, débarque dans ce qui s’appelait alors L’Hostellerie de la Porte à Mutzig. Sur le coin d’une table, face à Max Hild et au président Marcel Brandner, la licence est signée pour une gratification de 250 francs mensuels. L’incroyable odyssée peut commencer.
« Une lecture du jeu assez phénoménale »
« On arrivait tous les deux de notre bled, d’un football de bas niveau et on s’attaquait au top du monde amateur, se souvient Michel Bossert, une autre recrue présente ce jour-là, qui avait délaissé le club de Barr malgré le véto de son président de père. Entre nous, ça a matché tout de suite. On parlait le même football et on avait cette même envie de réussir. »
Les deux s’étaient rencontrés dans l’équipe de foot de la faculté de médecine, où ils ne feront pas de vieux os, et ont par la suite participé ensemble à une tournée aux Antilles avec l’équipe de France universitaire (voir encadré). Mais c’est bien à l’AS Mutzig qu’ils ont développé leur complicité durant deux saisons, sur et en dehors du terrain. Aujourd’hui, ils sont encore très proches.
A Mutzig, Arsène Wenger découvre « un football plus structuré, plus exigeant ». S’il a parfois « du mal à se situer sur la pelouse », ses qualités ressortent très vite. « Il jouait en dix ou en huit. C’était un faux lent et déjà un organisateur de jeu », détaille Michel Bossert. « Il avait une lecture du jeu assez phénoménale, abonde Jean-Marie Duton. Sur le terrain, c’était un mec correct. » « Techniquement, il était très fort. Il abattait un gros boulot pour l’équipe, poursuit Albert Gemmrich qui l’a côtoyé en 1972-1973 lorsqu’il est arrivé de Preuschdorf, à 17 ans. Sa taille nous faisait aussi du bien en attaque comme en défense. »
Chahuté par le public de Bourtzwiller
Après avoir remporté une Coupe d’Alsace (1971), disputé un 16e de finale de Coupe de France contre Reims (0-1) – après avoir éliminé l’AJ Auxerre de Guy Roux en match d’appui en 32es – et affronté, notamment, les Nancéiens Michel Platini, Olivier Rouyer et Carlos Curbelo, Arsène Wenger met le cap au sud de l’Alsace pour découvrir la D2 avec le FC Mulhouse. « Je l’ai traité de salaud, se souvient Michel Bossert, mais je me suis rendu compte après que le foot était toute sa vie. »
Au FCM, où il restera deux saisons, il découvre le semi-professionnalisme – « il n’y avait que trois pros dans l’équipe », rappelle Maurice Schmitt – et l’exigeant public du stade de Bourtzwiller. « Il s’est très bien intégré, c’était quelqu’un de sympathique, de posé et de réfléchi, indique Maurice Danelon, jeune libero en passe d’avoir son baccalauréat à l’époque. Au milieu, il était grand et fin, facile, mais le public avait le don de le houspiller pour le bouger un peu. »
« A la fin du match, son short était aussi blanc qu’au début, s’amuse Maurice Schmitt, défenseur de son état. Il ne taclait pas mais il ratissait large avec ses grandes jambes. Il n’avait pas un nom comme aujourd’hui, il était comme les autres. » Et d’ajouter : « Les supporters préfèrent voir un technicien, un buteur plutôt qu’un joueur qui travaille dans l’ombre. Ce n’était pas simple de passer après les internationaux luxembourgeois Ady Schmit et Eddy Dublin qui ont régalé plusieurs années la tribune de Bourtzwiller. Mais durant deux ans, il a fait son travail. »
Un « rêve » qui se réalise au Racing
Bien fondu dans le moule fécémiste, au point de négocier avec d’autres joueurs les salaires et les primes avec le président Ernest Henna, Arsène Wenger va pourtant retrouver le monde amateur à l’AS Vauban à la demande de Max Hild. Fini, donc, le covoiturage avec l’Allemand Dieter Hackl depuis Strasbourg. A l’ASV, il passe de la Promotion à la D3 en trois ans (1975-1978). Et écrit quelques belles pages de l’histoire du club en Coupe de France (un 32e , un 16e et un 8e de finale).
« Je me souviens contre Bastia (en 16es de finale en 1976) , dont certains joueurs seraient finalistes de la Coupe de l’UEFA deux ans plus tard, on avait fait match nul à la Meinau (2-2) avant de perdre là-bas au retour (1-3). Arsène avait fait un match exceptionnel à Furiani, glisse Michel Bossert qui avait retrouvé son compère à Vauban. Et en huitièmes, contre Nice (en 1977) , qui jouait alors en D1 (l’ASV évoluait en DH) , on en avait pris sept au Rey (défaite 7-1 après avoir perdu 4-1 à la Meinau). »
A bientôt 30 ans, Arsène Wenger est enfin prêt à accomplir « [s] on rêve » en débarquant au Racing, pour encadrer la réserve certes, dans les bagages de Max Hild. Passé en défense centrale, une intuition de Pierre Demuth, l’un de ses mentors, il termine tranquillement sa carrière d’amateur éclairé. Non sans avoir eu le droit à quelques matches avec les pros, à la Meinau, ce qu’il n’aurait même jamais osé imaginer étant gamin. Une paire de rencontres qui lui ont permis de figurer sur la prestigieuse liste des champions de France (voir ci-dessous).
Mais là n’était pas le plus important. C’est en réserve qu’une transformation majeure va s’opérer. Car sous le joueur, perce déjà l’entraîneur.
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MessageSujet: Re: Arsène Wenger [FIFA]   Arsène Wenger [FIFA] I_icon_minitimeVen 27 Nov 2020 - 7:50

Arsène Wenger total football 3/6 : les débuts de l'entraîneur
Alors que paraissent ses mémoires, il est temps de retracer en grand format le parcours d'Arsène Wenger, héros du football alsacien. Voici donc le portrait d'un entraîneur aussi célèbre que discret, raconté par ceux qui l'ont connu. Ce troisième épisode aborde ses premiers pas en tant qu'entraîneur, sur les traces de son mentor, Max Hild.
Avant de devenir l’entraîneur émérite que l’on connaît, Arsène Wenger s’est aguerri auprès de techniciens chevronnés. Ce n’est qu’après avoir fait ses gammes en réserve au Racing et comme adjoint à Cannes qu’il se lancera dans une carrière de chef d’orchestre.
Certains se découvrent une vocation d’entraîneur sur le tard, quand les derniers feux d’une carrière de joueur viennent à s’éteindre. Pour d’autres, cette reconversion est inscrite dans les gènes et sonne comme une évidence pour tous. Arsène Wenger, dévoré par la passion du football depuis l’enfance, fait partie de cette seconde catégorie.
Arsène Wenger [FIFA] Albert12
Albert Gemmerich.
Dans tous les clubs où le joueur est passé, ses connaissances encyclopédiques, son regard affuté et son amour du travail bien fait l’ont vite catalogué comme un futur technicien aux yeux de ses coéquipiers. « Sur le terrain, il nous dirigeait déjà, c’était un meneur d’hommes, se souvient Albert Gemmrich qui l’a côtoyé à l’AS Mutzig et à Strasbourg. Il adorait disserter sur la tactique, il avait déjà des idées novatrices. On parlait aussi des équipes pros comme Marseille ou le Racing. On savait qu’il allait devenir coach, il aimait trop le foot, il ne vivait déjà que pour cela. »
Dès ses 25 ans, au CREPS (*) de Strasbourg, il se penche sur la question. En compagnie de l’un de ses mentors, Pierre Demuth, il passe ses diplômes d’initiateur et de moniteur. « Il est devenu cadre et m’a alors donné des coups de main pour organiser les stages, raconte « Pierrot ». Je me souviens avoir passé des nuits entières à parler de foot avec lui. »
Et déjà, le souci du détail le taraude. « Il était d’une curiosité maladive, il voulait tout savoir de ce qui se faisait dans le foot, poursuit l’ancien conseiller technique régional. Moi, j’étais pour la zone, ce qui n’était pas courant puisque la structure en vogue était celle de (Helenio) Herrera (entraîneur franco-argentin vainqueur, notamment, de deux Coupes d’Europe des clubs champions avec l’Inter, ndlr) basée sur le marquage individuel. L’un voulait parfaire ses connaissances, l’autre transmettre. J’essayais de lui donner une autre vision du foot.»
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Pierre Demuth
Plus qu’un théoricien, Arsène Wenger devient rapidement un praticien. La même personne qui l’avait découvert au FC Duttlenheim, et avec qui il entretient une relation quasi filiale, lui met le pied à l’étrier. C’est en suivant Max Hild au Racing en 1978, en tant qu’adjoint (et joueur) de la réserve, qu’il a très tôt l’occasion de confronter ses idées à la réalité du terrain.
D’autant plus que son modèle, parti prendre la succession de Gilbert Gress chez les professionnels strasbourgeois en septembre 1980, lui laisse progressivement le champ libre. Concerné par quelques matches avec l’équipe fanion, le futur entraîneur de l’AS Monaco se concentre sur sa tâche, ou plutôt sa mission : faire grandir les espoirs du club.
« A 30 ans seulement, j’avais accès à un vrai laboratoire », explique-t-il dans ses mémoires ("Ma vie en rouge et blanc"). Il apprend sur le tas, lit beaucoup et va voir les entraînements de ses confrères pour élargir sa palette. Il a l’esprit d’innovation et commence à investir le champ de la préparation mentale qui lui sera cher toute sa carrière. Tout en continuant à jouer, ce qui déroute parfois lorsque survient le changement de casquette le week-end.
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Bruno Paterno, à l'US Sarre-Union
« Pour nous, c’était un grand frère »
« C’était rigolo de le voir se préparer avec nous dans le vestiaire. On le tutoyait, mais avec respect, raconte Bruno Paterno, de 14 ans son cadet, qui a intégré le centre de formation du Racing en 1980 en provenance d’Hœnheim. Pour nous, il était Arsène, c’était un grand frère. »
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Mais ce qui marque le plus son jeune public, c’est la manière « avant-gardiste » dont il conçoit ses séances à la Canardière. « Intellectuellement, il était au-dessus, son approche était différente. On sentait qu’il allait faire carrière, qu’il allait franchir les étapes, certifie José Guerra, recruté par Wenger quand il évoluait à Châtenois. Dans sa manière de défendre ou d’attaquer, rien n’était laissé au hasard. Et pour tirer la quintessence de ses joueurs sur le terrain, il travaillait aussi l’aspect mental. Il maîtrisait vraiment son sujet. »
A l’entraînement, qui se déroule parfois sur un parking en terre cabossé à l’ombre de la Meinau, l’idée est toujours de surprendre pour éviter la routine. Beaucoup de travail et de sueur, une rigueur de tous les instants, des séances tactiques poussées pour parfaire l’expression collective, une hygiène de vie à surveiller : Arsène Wenger n’est pas là pour rigoler. Surtout pas les semaines qui suivent une lourde défaite en D3 face à des amateurs confirmés.
« On sentait qu’avec lui on entrait dans le monde pro, assure Bruno Paterno, jamais loin du maître sur le terrain. Je me souviens qu’il avait fait fabriquer des mannequins en bois. On devait se cacher derrière et réaliser des courses bien précises au coup de sifflet. En match, il ne cessait de nous replacer. Et si le jeu proposé ou la combativité n’était pas à la hauteur, il pouvait piquer une colère dans le vestiaire. A cet âge-là, ça vous marque. »
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José Guerra
Jouer, c’est bien; bien jouer, c’est mieux. Le projet de jeu a toujours été le même. « Gagner, ce n’est que la conséquence de la qualité de jeu. Chronologiquement, le résultat ne vient qu’après, affirme encore aujourd’hui, avec force conviction, le septuagénaire. J’ai une approche généreuse du jeu, j’ai essayé de donner du plaisir aux gens. Le spectateur a quand même un degré d’exigence. »
Cette idée romantique du football tape dans l’œil d’un autre entraîneur-joueur alors en poste au FC Mulhouse : Jean-Marc Guillou. Entre les deux passionnés, le « coup de foudre » est immédiat.
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Arsène Wenger en compagnie de Jean-Marc Guillou.

« J’avais en face de moi quelqu’un qui était en phase avec ma façon de voir le foot, de l’analyser, de faire des entraînements, et de se conduire avec les joueurs qui font les résultats de l’équipe, pointe celui qui, par la suite, a créé de nombreuses académies en Afrique. L’entraîneur était là pour installer et garantir une ambiance positive, guider son effectif dans le respect de chacun et être prêt à consacrer du temps à ceux qui souhaitent s’améliorer. »
Désireux de l’avoir à ses côtés, Jean-Marc Guillou propose au président du FCM, André Goerig, de recruter son jeune acolyte. Devant le refus de celui-ci, il ne prolonge pas son contrat. Arsène Wenger, lui, décline la proposition d’André Bord, le président du Racing, qui lui demande de rester car il le verrait bien à terme sur le banc du club : « Je me suis dit que ce serait plus difficile pour moi de commencer ici… »
Le duo prend le chemin de la Côte d’Azur et débarque à Cannes en 1983. Pour l’Alsacien, c’est une demi-révolution. S’il continue à chapeauter le centre de formation, il devient aussi entraîneur adjoint en D2. Il a désormais un pied dans le monde professionnel. La porte ne se refermera jamais.
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Gilbert Gress et André Bord

Un recrutement sur un… parking
C’est une anecdote cocasse que raconte Arsène Wenger dans ses mémoires. Avant de prendre la route pour Cannes afin d’y retrouver Jean-Marc Guillou, il donne rendez-vous en chemin à un attaquant d’Orange dont les statistiques ont attiré son regard dans France Football. C’est sur un parking, près de la sortie de l’autoroute, que le jeune entraîneur rencontre Lamine N’Diaye. Pour tester le garçon, sous les yeux de Guillou, il organise une petite opposition, chaussant lui-même les crampons. Le Sénégalais partira signer dans la foulée son premier contrat professionnel à l’AS Cannes. Plus tard, il deviendra à son tour un entraîneur à succès au Cameroun et au Congo.
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Pendant la saison 1983-1984 à l'AS Cannes.

Tout entier dédié à son métier, il continue à parfaire sa formation durant cette unique saison cannoise. Et engrange de l’expérience à la vitesse grand V. « L’équipe a eu beaucoup de mal durant les matches aller mais elle a terminé très fort (sixième du groupe A, NDLR). En Coupe de France, nous avons perdu contre Monaco en quarts de finale après avoir éliminé plusieurs clubs de première division. J’ai beaucoup apprécié cette saison en commun, tout ce travail fait ensemble. Notre entente, notre complicité plutôt, ne s’est jamais démentie », souligne Jean-Marc Guillou qui, chaque année, retrouve son compère autour d’une bonne table niçoise pour évoquer le football d’aujourd’hui et de demain.
En 1984, à 33 ans, l’avenir d’Arsène Wenger dans la profession est prometteur. L’enfant de Duttlenheim réalise son bonhomme de chemin. Si bien que la vie se charger de lui offrir un retour dans l’est en première classe...

Max Hild, l’homme par qui tout a commencé

Arsène Wenger le reconnaît volontiers. « Si je n’avais pas rencontré Max, je n’aurais pas fait la carrière que j’ai faite. » C’est peu dire que le plus célèbre des entraîneurs alsaciens voue une reconnaissance éternelle à celui qui l’a découvert à 19 ans au FC Duttlenheim avant de l’initier aux joies du banc de touche.
« C’était son père spirituel, assure Michel Bossert qui a également évolué à Mutzig et à Vauban sous les ordres de celui qui se prénommait en réalité Raymond Hild à l’état civil. Ensemble, ils parlaient technique, tactique. Il l’a également rendu attentif à tous les à-côtés comme la diététique. »
Max Hild n’était pas seulement un découvreur de talents, il a aussi été un entraîneur respecté, de Mutzig à Haguenau, de Vauban au Racing. « Il était sensible, curieux des choses du foot et en avance aussi », dit de lui Pierre Demuth.
En embarquant Arsène Wenger avec lui comme adjoint du centre de formation strasbourgeois, le Weyersheimois a initié sa reconversion. Après avoir été son bras droit sur le terrain, l’apprenti coach a commencé à le seconder à l’entraînement et à l’accompagner lorsqu’il partait à la découverte de nouveaux joueurs. « On allait voir des matches partout, on discutait foot du soir au matin. J’allais lui rendre visite à la Sogema, au Port du Rhin (à Strasbourg), et on parlait ballon pendant ses pauses, raconte le septuagénaire. Il y a toujours eu ce feeling entre nous. »
Si leurs chemins se sont séparés lorsqu’Arsène Wenger a accompagné Jean-Marc Guillou à Cannes, les deux sont restés très proches. Et quand il a fallu se lancer à Nancy, c’est naturellement qu’il a demandé conseil au maître. « J’étais dans le bureau de Max quand il l’a appelé, rembobine Albert Gemmrich. Il lui a dit de foncer, de ne pas hésiter une seconde. » Il ne s’est pas trompé.
Aujourd’hui, lorsqu’il est de passage en Alsace, Arsène Wenger fait un détour par le cimetière de Weyersheim pour saluer un vieil ami…
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MessageSujet: Re: Arsène Wenger [FIFA]   Arsène Wenger [FIFA] I_icon_minitimeDim 29 Nov 2020 - 7:39

Arsène Wenger, total football 4/6 : dans la peau du numéro 1
Alors que paraissent ses mémoires, il est temps de retracer en grand format le parcours d'Arsène Wenger, héros du football alsacien. Voici donc le portrait d'un entraîneur aussi célèbre que discret, raconté par ceux qui l'ont connu. Ce quatrième épisode retrace ses débuts comme entraîneur numéro 1 à Nancy, ses premiers succès à Monaco puis son séjour au Japon.
A seulement 33 ans, Arsène Wenger devient l’entraîneur principal de Nancy, un club de Division 1.
Aujourd’hui encore, même si le monde vit en accéléré, voir un jeune trentenaire s’asseoir sur un banc de touche demeure une rareté. Une originalité. Il faut transposer cette situation au milieu des années 1980 dans un univers, le football, conservateur s’il en est.
Après une seule saison dans la peau d’un adjoint à Cannes, Arsène Wenger, 33 ans, reçoit un coup de téléphone de l’AS Nancy-Lorraine (ASNL) managée alors par Aldo Platini, le père de Mich « C’était une chance pour lui. Avec Richard Conte (le manager général de l’AS Cannes), nous n’avons pas fait obstacle à cette promotion », raconte Jean-Marc Guillou, son binôme sur la Côte d’Azur, qui le juge prêt à voler de ses propres ailes en Division 1.
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Arsène Wenger aux côtés de Max Hild sur le banc du Racing en 1980. Il demandera conseil à son mentor avant de s'engager avec Nancy.
Pourtant, au fond de lui, l’Alsacien doute. Il prend conseil auprès de ses mentors, Max Hild et Pierre Demuth, qui lui disent de foncer, mais cela ne le rassure pas totalement. Il se jette finalement à l’eau.
« Devenir entraîneur à cet âge-là, c’était extrêmement rare », confirme celui qui aspirait quand même à passer numéro un, tôt ou tard. En signant à Nancy, je ne m’imaginais pas que je ferai ce métier durant trente-six ans !  »
« Au début, je pensais ne pas être fait pour ce métier. Je n’étais pas assez tolérant, un peu dictateur. »
A l’ASNL, il faut gérer l’après-Michel Platini. Pas simple, surtout avec un effectif délesté de ses principales valeurs marchandes. Malgré ce contexte sportif compliqué, Arsène Wenger apprend à devenir un manager, à avoir la pleine responsabilité des choix, à penser le jeu, son jeu. Avec, comme leitmotiv, l’esprit collectif et un investissement sans faille, du moins égal au sien.
« Il était alsacien comme ma mère et rigoureux comme mon père. En lui, je retrouvais toute mon éducation, c’était parfait, sourit Albert Cartier, jeune défenseur de l’équipe lorraine. Il a rapidement conquis le vestiaire. C’était un plaisir de travailler avec quelqu’un qui mettait en place des stratégies collectives et individuelles. Il faisait toujours preuve de pédagogie, il avait le souci de partager ses compétences et ses connaissances. Même les joueurs moins utilisés ne lui en tenaient pas rigueur. »
Arsène Wenger [FIFA] Albert13
"Il était alsacien comme ma mère et rigoureux comme mon père" se souvient Albert Cartier qui a évolué sous ses ordres à Nancy
Pourtant, sur le terrain, ces trois saisons sont difficiles. En championnat, les défaites, honnies depuis l’enfance, sont plus nombreuses que les succès. A vous en rendre malade. « Après un mauvais résultat, dans le bus, la souffrance se lisait sur son visage. On avait l’impression qu’il avait pris cinq ans, se souvient Albert Cartier. Le lendemain, il s’était refait une carapace pour repartir au combat. »
«  A Nancy, les joueurs jouaient pour Arsène. »
La remise en cause hebdomadaire, celle que vivent ou subissent tous les entraîneurs, n’est pas facile à accepter pour le jeune Wenger. « Au début, je pensais ne pas être fait pour ce métier, dit-il. Je n’étais pas assez tolérant, un peu dictateur et je souffrais trop avec un vrai refus de la défaite. Mon corps a fini par s’accoutumer à ce stress. »
Si chaque match est un ascenseur émotionnel pour le trentenaire, chaque entraînement est l’occasion de mieux le maîtriser. Cela se passe sur le terrain, avec des séances minutées. « Parfois, on s’entraînait durant une heure vingt-deux ! », glisse, amusé, Albert Cartier. Mais aussi en dehors où le jeune technicien prêche pour l’entraînement invisible. « On avait une fois parlé de nutrition lors d’un déplacement. Quinze jours après, tous les joueurs, avec leurs compagnes, avaient rendez-vous avec une diététicienne », poursuit l’ex-défenseur central.
La méthode Wenger se met progressivement en place. « Ce n’est pas l’envie de gagner mais l’envie de se préparer à gagner qui est fondamentale », expose-t-il à son groupe. La programmation du travail se fait par cycles. Les séances sont orientées vers le jeu, qui doit repartir de derrière avec un gardien participant à l’animation, avec des oppositions en infériorité numérique pour « mettre (ses joueurs) dans la difficulté ».
Pour favoriser la concentration, certains exercices doivent se faire en silence pour que chaque mot prononcé sur le terrain ait son importance. « Il était dans l’échange, sans paternalisme, et dans la rigueur en permanence », a apprécié Albert Cartier. Deux qualités que retrouvera Lilian Thuram, quelques années plus tard à Monaco.
L’histoire entre le coach bas-rhinois et Nancy sera ponctuée de deux maintiens difficiles et d’une relégation finale. « Avec un autre entraîneur, on serait descendu dès la première année. Les joueurs jouaient pour Arsène. »
« J’ai tout de suite été impacté par ses phrases écrites au tableau. Notamment celle-ci : « On peut progresser à n’importe quel âge. Il avait des mots qui vous suivent toute votre carrière et au-delà. Avec moi, il a été une figure très protectrice. Pour mon premier match télévisé, à Metz, on perd sur deux de mes erreurs. Il m’a convoqué dans son bureau et m’a dit : « Ne t’inquiète pas, les vieux vont t’expliquer. » Et dans le vestiaire, les anciens m’ont dit que ça faisait partie du jeu. Arsène m’a donné beaucoup de confiance en moi, insiste le champion du monde 1998. Sa rencontre a changé ma vie. »
« Le footballeur et l’homme que je suis devenu lui doivent beaucoup. »
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Arsène Wenger a rejoint Monaco à l'âge de 37 ans.

La réussite sportive de l’Alsacien à Monaco lui donne une légitimité dans sa gestion humaine fondée sur la prime au mérite. Les statuts n’offrent pas d’immunité.
« Quand tu étais bon, quel que soit ton âge, tu jouais », confirme « Tutu ». Ce qui peut parfois prendre le groupe par surprise comme ce jour où il annonce dans le vestiaire que l’ex-international Luc Sonor ne débutera pas au profit d’un jeune stagiaire, Gilles Grimandi.
Accompagner les jeunes, « c’est ce qu’il a fait toute sa carrière » selon Lilian Thuram que les cadres du vestiaire monégasque rebaptiseront « le fils de Wenger ».
« Quand des clubs étrangers ont voulu m’acheter, comme je n’avais pas de manager, j’en ai parlé à Arsène. Il a été capable de me donner des conseils personnels tout en me prévenant qu’il demanderait au club de ne pas me vendre. Il était d’une très grande honnêteté. Tous les formateurs n’étaient pas comme lui.»
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Arsène Wenger, alors entraîneur de Monaco, sur le banc de la Meinau lors d'un match face au Racing Strasbourg en 1987.
De 1987 à 1994, l’enfant de Duttlenheim se fait un nom dans le football français. Toujours en quête de nouveautés, il compulse frénétiquement les magazines sportifs et s’initie, grâce à son ami Jean-Marc Guillou, aux statistiques qui lui permettent de mieux individualiser le travail. Et fait de cette exigence, de cette prise de risques dans le jeu, les ingrédients pour favoriser l’expression collective. En parallèle, il rencontre à Villefranche-sur-Mer Annie Brosterhous qui deviendra plus tard sa femme – ils sont séparés depuis 2015 – et la mère de sa fille Léa.
L’idylle avec l’ASM dure sept ans. Arsène Wenger finit par dégringoler du Rocher. Quelque temps auparavant, il avait refusé, déjà, le Bayern Munich. Ce n’était pas sa destinée qui devait l’emmener au Japon (voir par ailleurs) avant de revenir en boulet de canon dans le paysage européen chez les Gunners d’Arsenal.
Premiers titres à Monaco
Arsène Wenger a ouvert son palmarès sur le Rocher. Dès sa première saison, il remporte le championnat de France de Division 1. Les cinq suivantes, il terminera invariablement sur le podium, alors que Marseille enchaîne les titres, et en 1994 il ne prendra que la 9e place. Dans ce même laps de temps, il s’adjugera la Coupe de France en 1991.
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Arsène Wenger remporte la Coupe de France en 1991 avec l'AS Monaco.
La grosse rivalité avec l’Olympique de Marseille, et les soupçons de matches truqués entourant le rival phocéen, pèsera sur l’entraîneur alsacien même s’il ne montrera pas ses états d’âme et ne s’en servira pas comme alibi, selon Lilian Thuram, au moment de dresser les bilans.
Sur le front européen, il a connu en 1992 une finale européenne – défaite 2-0 contre le Werder Brême en Coupe des Coupes – sans ivresse, le lendemain de la catastrophe de Furiani (18 morts, 2357 blessés). « Nous sommes des êtres d’émotion. Dans ces moments, le foot devient secondaire même s’il faut essayer de se remotiver », observe « Tutu ».
Deux ans plus tard, c’est en demi-finale de la Ligue des champions, une compétition qui s’est toujours refusée à lui, que son ASM baissera pavillon devant le Milan AC, futur vainqueur.

Un exil salvateur à Nagoya

Après sept années éreintantes à Monaco, Arsène Wenger était « prêt à partir » à l’étranger car il « en avai[t] marre » du football français. Il en a surpris plus d’un en se relançant au… Japon ! Une parenthèse de 18 mois qui lui a permis à la fois de se régénérer et de découvrir une autre culture.
Dans un championnat professionnel tout neuf – la J-League avait été créée en 1993 –, il prend la tête du Nagoya Grampus, un club en fond de cale après une série de… 17 revers consécutifs !
Avec lui, il emmène Boro Primorac, celui qui allait devenir son adjoint pour les 25 prochaines années, avec qui il s’était lié d’amitié sur la Côte d’Azur.
« J’allais voir beaucoup de matches à Monaco. On discutait football, on allait manger ensemble, glisse l’ancien coach de Valenciennes. Je connaissais sa manière de travailler, son côté perfectionniste. J’ai retrouvé le terrain grâce à lui, alors j’ai toujours travaillé pour ne pas le décevoir. »
Sur l’île de Honshu, Arsène Wenger doit se faire à son nouvel environnement. Il apprend par cœur les panneaux publicitaires pour retrouver le chemin du centre d’entraînement.
C’est surtout une certaine « fraîcheur » qu’il retrouve au quotidien. Des amis sont souvent de passage, la famille prend ses quartiers au Japon l’été. Curieux, il visite Tokyo, Kyoto, Hokkaïdo, Okinawa, commence à aimer le sumo. Mais il garde le lien avec la France par ses lectures (six à sept livres par mois).

Deux coupes et un titre d’entraîneur de l’année
En championnat, les débuts sont loin d’être idylliques ­– « On voyait souvent sa photo dans le journal mais on ne comprenait rien à ce qui était écrit », s’en amuse Primorac.
Mais ses conditions de travail, ce retour à l’essence même du métier d’entraîneur, la mentalité japonaise avec laquelle il est en phase, même s’il doit faire des compromis avec la tradition – « ne surtout pas blesser quelqu’un dans son honneur » –, le rassérène.
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Arsène Wenger a remporté une Coupe de l’Empereur et une Supercoupe du Japon avec Nagoya
Arsène Wenger a remporté une Coupe de l’Empereur et une Supercoupe du Japon avec Nagoya. Photo DR
« Là-bas, c’était l’inverse de l’Europe, c’était d’abord tout pour le groupe. Il fallait lutter pour que des joueurs prennent des initiatives individuelles et cacher les ballons pour qu’ils ne s’entraînent pas trop », précise le coach alsacien.
Petit à petit, tout se met en place. Les recrues – Gérald Passi, Franck Durix et Alexandre Torres – font le plus grand bien. Résultat : Nagoya Grampus termine deux fois à la 2e place de la J-League, enlevant au passage une Coupe de l’Empereur et une Supercoupe du Japon.
Arsène Wenger sera sacré entraîneur de l’année en 1995
« Ce qu’il a fait, c’est très fort, il a marqué Nagoya à vie, s’enthousiasme l’adjoint croate. Cette expérience, elle n’a pas de prix. On a adoré chaque moment. Ce ne sont que des bons souvenirs. Mais on a énormément travaillé. » La récompense était au bout du chemin…
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MessageSujet: Re: Arsène Wenger [FIFA]   Arsène Wenger [FIFA] I_icon_minitimeDim 29 Nov 2020 - 7:58

Arsène Wenger, total football 5/6 : à la conquête de l’Angleterre
Alors que paraissent ses mémoires, il est temps de retracer en grand format le parcours d'Arsène Wenger, héros du football alsacien. Voici donc le portrait d'un entraîneur aussi célèbre que discret, raconté par ceux qui l'ont connu. Ce cinquième aborde son arrivée en Angleterre, à Londres, et ses premiers succès avec Arsenal.
Débarqué dans l’anonymat à Londres en 1996, Arsène Wenger s’est d’abord confronté au scepticisme ambiant. Sa méthode de travail iconoclaste, au temps des assoiffés de la Premier League, sera rapidement couronnée de succès. Elle a fait de l’Alsacien le premier entraîneur étranger à s’imposer durablement au royaume.
« Arsène who ? » Le London Evening Standard étale sur toute sa Une les doutes des insulaires quand le nom d’Arsène Wenger sort du chapeau pour reprendre les rênes d’Arsenal en 1996.
Après le départ, ou plutôt le débarquement, pour une sombre histoire de pots de vin, de George Graham, l’Ecossais qui a rendu sa fierté et redonné des titres aux Canonniers, le club traverse une année grise. Le costume est trop large pour les intérimaires, Bruce Rioch et Stewart Houston, qui assomment Highbury avec un kick and rush (frapper et foncer) déjà hors d’âge.
« Il n'était pas dans la confrontationmais dans la séduction »

Chez les bookmakers, personne n’a vu venir, ni parié, sur l’inconnu alsacien. Encore en poste à Nagoya, il n’arrive pas tout de suite à Londres. Et peu sont dans la confidence.
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Rémi Garde, l'ex-entraîneur de l'Olympique lyonnais, a, comme Arsène Wenger, porté les couleurs du Racing (ici en 1995-1996). Il a été l'une des premières recrues du coach alsacien à Arsenal en 1996.
 « Pendant trois semaines, il a appelé tous les deux jours pour savoir comment cela se passait au club et à l’entraînement, confie Rémi Garde, l’une des recrues de ce drôle d’été 1996, celui de l’ouverture des frontières après l’arrêt Bosman (Ndlr : l’arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes, rendu le 15 décembre 1995, met entre autres, fin à la politique des quotas dans les clubs concernant les étrangers issus de l’Union européenne). C’était une situation inhabituelle. L’Angleterre n’avait pas la même ouverture d’esprit qu’aujourd’hui. »
Ce que Boro Primorac, l’adjoint historique de celui qui deviendra le « Professeur », résume par cette formule : « Les Anglais étaient les meilleurs, les plus intelligents et savaient tout mieux que tout le monde ! » Quand on a inventé un sport, on sombre facilement dans le complexe de supériorité. D’autant plus qu’Arsène Wenger, seulement le « troisième entraîneur étranger » à traverser la Manche, comme il le rappelle dans ses mémoires (Ndlr : ma vie en rouge et blanc. Editions JC Lattès. 20 euros), est un inconnu aux yeux des Britanniques. Son titre de champion de France et ses performances européennes avec l’AS Monaco pèsent peu. Voire rien du tout.
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Boro Primorac, le fidèle adjoint d'Arsène Wenger.
« A l’étranger, il faut amener plus que ce que fait le local, sinon on n’a pas besoin de vous. Il faut se bouger. » Durant ses 22 ans à Arsenal, le manager ne va pas s’économiser. Et justifier la confiance du vice-président David Dein – « l’autre homme de sa vie, avec Max Hild (qui l’a découvert) », selon tous ses amis – qui est pour beaucoup dans son recrutement. Les deux hommes se sont rencontrés fortuitement en 1989, à l’issue d’un Arsenal-Norwich. Ils ont sympathisé. Leur attelage sera des plus solides jusqu’au départ de Dein en 2007.
« Malgré mes 12 ans au haut niveau, je n’étais personne en Angleterre. »
Plutôt que d’entamer une révolution de palais, Wenger, déjà quadragénaire (47 ans), soigne les mentalités en douceur, sans brutalité, à doses homéopathiques. « Le point fort d’Arsène, c’est que lorsqu’il est arrivé à Arsenal, il a d’abord observé, il a analysé la façon de se comporter des joueurs anglais et petit à petit il a opéré ses changements, souligne Patrick Vieira, qui l’a rejoint au début de l’aventure. Cela ne s’est pas fait sur une seule année. Il a été patient. Il a construit quelque chose et ça a été la clé de sa réussite. »
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Patrick Vieira, ici après avoir remporté la Cup au Millenium Dome de Cardiff en 2006, a été recruté par Arsène Wenger alors qu'il évoluait au Milan AC. Le Français a été l'une des pierres angulaires dans la réussite du coach alsacien.
Les ajustements s’opèrent sur le terrain. Et aussi en dehors. L’hygiène de vie, concept abstrait pour tout footballeur britannique des années 1990, devient une condition sine qua non pour être aligné le week-end. Les réfractaires comme Paul Merson, qui exhibait ses dents cassées comme autant de trophées, sont invités à changer de maillot. Plutôt que d’imposer ses vues, le coach bas-rhinois fait œuvre de pédagogie.  « Il n’était pas dans la confrontation mais dans la séduction, observe Rémi Garde. Son défi, c’était de se faire accepter tout en apportant sa vision. »

Quand les joueurs réapprennent à mâcher…

Voir un nutritionniste expliquer quoi manger, comment mâcher ses aliments, puis bannir les pintes au pub et les barres chocolatées - « il y avait beaucoup de choses sucrées sur la table du vestiaire avant les matches », dixit l’ex-entraîneur de l’OL - a dû faire tout drôle à Tony Adams and co. En professionnalisant la prise en charge médicale, en allant chercher des compétences extérieures pour renforcer un staff en qui il a toute confiance, Arsène Wenger met en place la structure sur laquelle il va baser sa réussite pendant deux décennies.
« L’entraîneur doit être dans la persuasion, convaincre que ce qu’il propose est juste, dit-il. C’est un guide aux convictions claires, bien ancrées, et qui ne varie pas à la moindre contrariété. » Des contrariétés, si ce n’est l’acharnement des tabloïds, il ne va pas en connaître sur les pelouses de Premier League, où les performances de son équipe valident rapidement son action dans le domaine extra-sportif.
« Les verrous ont sauté quand les trentenaires ont vu que l’on pouvait rivaliser athlétiquement avec les autres équipes, qu’on se blessait moins aussi. La montée en puissance de Patrick Vieira (Ndlr : que Wenger avait cherché au Milan AC) a crédibilisé son projet. Les dix-huit premiers mois, c’était du grand art », remarque, a posteriori, Rémi Garde.
« Les dix-huit premiers mois, c’était du grand art »
Il faut dire que l’exigence du nouvel entraîneur ne se limite pas à l’assiette. Sur le terrain aussi, il se montre intransigeant. « Les joueurs anglais n’étaient pas habitués à travailler autant. Arsène était très méticuleux, il pensait à chaque détail. Si un entraînement se passait bien, il pouvait être content comme après une victoire. Mais si quelque chose n’allait pas, il pouvait devenir fou, raconte son adjoint Boro Primorac. Il travaillait beaucoup et ne dormait jamais ! Il avait du mal à couper (avec le football). Pendant les vacances, quand il n’y avait pas encore tous ces scouts, il m’envoyait au festival international de Toulon (où jouent les espoirs de moins de 21 ans). »

Dix premières années magnifiques et prolifiques

Les efforts consentis, cette abnégation déployée au quotidien, ces débriefs téléphoniques depuis l’Alsace, aussi, avec ses mentors comme Pierre Demuth, portent leurs fruits. L’identité du « boring Arsenal » de Graham s’évapore au profit d’un football plus léché, et un panache au goût de mise en bière pour les adversaires old school.
« Pour le style de jeu, c’était ballon au sol. Avec (Denis) Bergkamp (Ndlr : recruté par Dein) dans le rôle du chef d’orchestre, il a su mettre les bons joueurs autour pour être compétitif, estime Patrick Vieira. Arsène aimait qu’on joue un foot basé sur la technique. Il a pris des joueurs qui ont toujours su améliorer l’équipe. »
Moins de deux ans après son arrivée dans le nord de Londres, Arsenal réalise en 1998 le doublé Cup-championnat qu’il réédite quatre ans plus tard avec sa french connection – Garde, Vieira, Grimandi, Petit, Henry, Pires, Wiltord, etc. – qui fait entrer le club dans le cœur des Français.
Le manager va engager durant une dizaine d’années un bras de fer avec le Manchester United de Sir Alex Ferguson qui va enfiévrer le royaume. Au point, le 25 février 2001, de perdre son sang-froid dans le vestiaire visiteur d’Old Trafford alors que son équipe vit un calvaire (défaite 6-1). « On perdait cinq à un à la mi-temps. Je ne l’avais jamais vu comme ça », confesse Patrick Vieira.
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Mais durant la première décennie, les occasions de se réjouir sont infiniment plus nombreuses avec trois titres de champion, dont l’inoubliable des Invincibles en 2004, quatre Cups et autant de Commnunities Shield. Et aussi trois titres d’entraîneur de l’année (1998, 2002, 2004). Une success story remarquable. « En 1998, l’année du premier titre, voir l’ambiance qu’il y avait au club, chez les supporters, entre les joueurs, ça reste un moment incroyable », en frissonne encore l’actuel entraîneur de l’OGC Nice.
Seule ombre au tableau, cette Europe qui lui a toujours tourné le dos. Des finales perdues en Coupe de l’UEFA en 2000, mais surtout en Ligue des champions six ans plus tard, qui plus est au Stade de France, Arsène Wenger garde « une énorme frustration », et pire, une « blessure personnelle ».
D’autant plus que sa deuxième partie de carrière chez les Gunners, marquée par la construction d’un coûteux nouveau stade, sera moins prolifique (trois fois vainqueur de la Cup et du Community Shield).
Arsenal demeurera tout de même un club de très haut niveau, comme en témoignent ses 20 campagnes successives en Ligue des champions (1997-2017), mais la magie des débuts aura fini par s’étioler. Au moment de tourner la page d’un mandant long de 22 ans, en 2018, il était temps de se retourner sur la trace laissée par Arsène Wenger chez les Gunners (lire l'épiosde 6). Celle d’un fantastique manager. Même le London Evening Standard l’admettra.

Invincibles pour l’éternité

C’est un exploit qu’il sera difficile à reproduire. En Angleterre, seuls Preston North End (en 1888-1889) et Arsenal (2003-2004) l’ont réussi : terminer le championnat invaincu. Cette saison restera, au-delà des titres, le plus grand fait d’armes d’Arsène Wenger lors de son long passage chez les Gunners.
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Thierry Henry a été l'un des joueurs majeurs sur lequel Arsène Wenger s'est appuyé.

C’est l’aboutissement d’un processus lancé depuis plusieurs saisons. En persuadant ses joueurs qu’il était possible de remporter le titre sans perdre un match – la série s’étirera même à 49 rencontres sans défaite ­–, l’entraîneur a lancé un pari à sa mesure, lui qui n’a jamais supporté de faire partie du camp des vaincus.
« Cette saison sans perdre un match reste quelque chose d’extraordinaire sur le plan sportif mais aussi sur le plan humain parce qu’on avait créé quelque chose de fort. Sur le terrain, quand on était mené un à zéro, on sentait qu’on allait revenir. On avait des joueurs à leur pic comme (Denis) Bergkamp et (Thierry) Henry et on savait qu’ils allaient faire la différence pour revenir au score » , souligne Patrick Vieira, le capitaine des Invincibles.
« Ce n’était pas impossible de le faire mais on y a réellement pensé qu’à quelques journées de la fin. Arsène nous avait dit que c’était quelque chose qui pourrait nous marquer à vie. On avait une génération de joueurs extraordinaire en termes de qualité et d’état d’esprit. On était de vrais compétiteurs. C’est un travail qui s’est fait sur la durée, en recrutant les joueurs au bon moment pour améliorer l’effectif. Tout ça, c’est Arsène qui l’a mis en place. »
Quand les tabloïds se déchaînent
C’est certainement l’épisode le plus pénible de son passage en Angleterre. Au début de son mandat londonien, Arsène Wenger a dû affronter la virulence des tabloïds. « Ils ont fait courir sur lui des rumeurs dégueulasses », s’emporte son ami Michel Bossert. De ces « allégations immondes », l’Alsacien va en souffrir. Mais il ne craquera pas, même quand un bref retour en Alsace est interprété comme une démission par la presse anglaise !
« Il y avait beaucoup de moqueries, c’était très difficile pour Arsène »


«  Il était attristé et touché par les attaques personnelles dont il faisait l’objet », juge Rémi Garde. L’entraîneur a quand même pu compter sur la solidarité de ses joueurs, notamment les Français.
Ce harcèlement médiatique a fini par s’arrêter de lui-même, lorsque le manager a mis en demeure les tabloïds de prouver leurs dires. Il n’a, ensuite, plus été question que de la renaissance d’Arsenal…
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MessageSujet: Re: Arsène Wenger [FIFA]   Arsène Wenger [FIFA] I_icon_minitimeMer 2 Déc 2020 - 7:48

Arsène Wenger, total football 6/6 : l'empreinte d'un géant
Alors que paraissent ses mémoires, il est temps de retracer en grand format le parcours d'Arsène Wenger, héros du football alsacien. Voici donc le portrait d'un entraîneur aussi célèbre que discret, raconté par ceux qui l'ont connu. Ce sixième et dernier épisode s'attarde sur l'immense héritage laissé par l'intéressé à Arsenal, où il a été en poste durant vingt-deux ans. Arsène Wenger restera à jamais l'homme qui a fait entrer les "Gunners" dans une autre dimension.
Le 13 mai 2018, Arsène Wenger vit son dernier match dans la peau du manager d’Arsenal. Un costume qu’il a endossé 22 ans auparavant et dans lequel il a forgé sa légende. A jamais, il restera celui qui a fait entrer les Gunners dans la modernité.
Ce n’est pas la der des ders, mais c’est tout comme. Ce 6 mai 2018, une semaine avant la clôture de la Premier League à Huddersfield, Arsenal s’apprête à vivre un moment historique. Pour la dernière fois, Arsène Wenger, son manager, celui qui a transformé le club, prend place sur le banc de touche de l’Emirates Stadium, un stade dont il a supervisé la construction de la pelouse aux combles dans les années 2000.
Ce match face à Burnley, Michel Bossert y était. De cette émotion palpable, de cet au revoir si intense, il s’en souvient comme si c’était hier. « Quand je suis allé retirer mes billets, la personne dans la guérite m’a juste dit : « ici, il restera The Boss. » C’était un moment vraiment poignant, j’en ai eu les larmes aux yeux. Les adieux ont duré plus longtemps que le match. » Un match, du reste, remporté 5-0.

« Un génie, un visionnaire »

Volontiers frondeurs avant que l’emblématique entraîneur n’annonce son départ, les fans des Gunners ont alors mis un mouchoir sur leurs déceptions sportives des dernières saisons. « J’avais l’impression de retrouver le climat de mes débuts », avoue Wenger qui a vécu cette hostilité comme une injustice. Depuis les travées, où ont pris place quelques personnalités, comme Jean-Jacques Goldman, le public célèbre, et remercie, cet Alsacien stoïque, qui a du mal cette fois à rester de marbre ; lui qui a pourtant été figé dans le bronze ici même à Islington.
« Une grosse majorité était toujours derrière lui, on a donné beaucoup d’écho à une minorité, estime Boro Primorac, son fidèle lieutenant chez les Canonniers. Le public ne l’a jamais abandonné. Il a quand même fait d’Arsenal l’un des plus gros clubs au monde. Il reste un génie, un visionnaire. »
Du travail, il n’en a jamais manqué. Au moment de son arrivée, en 1996, c’est un vaste chantier qui s’offre à lui, en plus de devoir se faire accepter comme un entraîneur crédible auprès de supporters au mieux méfiants, sceptiques pour la plupart. Son ami et vice-président du club David Dein lui donne pourtant les coudées franches pour restructurer cette institution. « J’ai eu la chance inouïe de pouvoir donner au club une autre dimension dans la durée. » Sous son mandat, l’Arsenal FC passe de 70 à 700 employés. « Il choisissait même les nappes de la cantine », le tancent gentiment ses amis pour illustrer son omnipotence, et son souci du détail.
«Les deux premières années, on se changeait dans des préfabriqués qui avaient pris feu !»
Lorsque l’Alsacien découvre en arrivant les conditions d’entraînement sur les terrains de… l’université, il prend conscience de l’ampleur de sa tâche. « Les deux premières années, on se changeait dans des préfabriqués qui avaient pris feu ! Plus tard, on se mettait en tenue à l’hôtel avec un bus qui nous emmenait jusqu’au terrain d’entraînement. A l’hôtel, il y avait aussi un petit coin où l’on pouvait manger. C’était un fonctionnement amateur par rapport à ce que j’avais connu au Milan AC, un autre monde », raconte Patrick Vieira.

Colney, « la machine de guerre »

Forcément, quand on connaît la méticulosité de l’ex-entraîneur de l’AS Monaco, ce mode de fonctionnement ne peut perdurer. En 1999, le centre d’entraînement Colney voit le jour. Aujourd’hui encore, ces installations font la réputation du club.
« C’est le paradis des terrains de foot, loue Denis Hildenbrand, en charge du gazon de la Meinau, qui s’est rendu plusieurs fois dans le nord de Londres. Toutes les structures au monde sont réunies sur quelques hectares. Il est parti d’un champ pour façonner un outil extraordinaire. Tout est utile, professionnel, réfléchi, c’est une machine de guerre. »
Sa recherche constante de l’excellence l’incite, rapidement, à envisager d’emménager dans un nouveau stade pour engranger plus de revenus, et rester concurrentiel, au sein d’un championnat de plus en plus mondialisé.
Exit le mythique Highbury – « un crève-cœur », concède-t-il – sur un dernier succès contre Wigan le 7 mai 2006, un stade où 15 mois auparavant le manager a créé la polémique en n’inscrivant pas le moindre joueur anglais sur la feuille de match face à Crystal Palace.
L’édification de l’Emirates Stadium, qui fait passer la capacité d’accueil du club de 38 000 à 60 000 spectateurs, n’a été possible que par la loyauté d’Arsène Wenger

envers Arsenal
L’édification de l’Emirates Stadium, qui fait passer la capacité d’accueil du club de 38 000 à 60 000 spectateurs, n’a été possible que par la loyauté d’Arsène Wenger envers Arsenal (voir encadré). Avec un montage absolument inédit. Les banques n’ont soutenu le projet qu’à la condition exclusive que le coach resigne un contrat pour cinq ans supplémentaires… Tout le monde ne se serait pas engagé, lui si.
« Arsène avait vraiment Arsenal dans la peau. Je ne le voyais pas partir. Durant mes neuf ans passés avec lui, il y avait des clubs encore plus prestigieux qui étaient venus frapper à sa porte. Il est toujours resté fidèle. Il avait tout ce dont il avait besoin pour réussir, pour construire le club. Il avait Arsenal en lui. Rester vingt-deux ans dans un club, ça n’arrivera plus, assure Patrick Vieira. La force d’Arsène c’est qu’il est tombé sur des dirigeants qui avaient confiance en lui (même après l’arrivée du milliardaire américain Stanley Kroenke aux commandes en 2011) et sa façon de diriger le club. Il l’a géré comme si c’était son argent. »

« On voit aujourd’hui comment il est difficilement remplaçable »

Les emprunts à rembourser pèseront lourd sur la compétitivité du club. Mais les Gunners conserveront quand même un certain standing, véhiculeront une idée romantique du football, pendant que certains rivaux profitent de moyens presque sans limites.
« Il aurait pu dépenser des sommes folles en transferts comme (Pep) Guardiola ou (José) Mourinho, mais cela allait à l’encontre de sa volonté de préserver les intérêts financiers de son club, apprécie Jean-Marc Guillou, qui avait emmené Wenger avec lui à l’AS Cannes en 1983. Il a eu une âme de bâtisseur. Et on voit aujourd’hui combien il est difficilement remplaçable. »
Arsène Wenger à Arsenal, c'est 22 années de bons et loyaux services et 17 trophées à la clef.
La page a donc fini par se tourner après 22 années de bons et loyaux services et 17 trophées dans l’escarcelle. Difficile de rendre les clés d’un club qui a été « toute [s]a vie ». Impossible de prendre du recul pour celui qui s’est dédié tout entier à sa passion durant des décennies. « Une vie de moine, un vrai sacerdoce, une vie choisie avec passion. […] Je me suis entièrement donné au football », écrit-il dans ses mémoires (*).
« Même quand on avait moins d’argent, il a toujours cru que l’on pouvait continuer à gagner en travaillant plus, souligne depuis Split son ex-adjoint Boro Primorac, chez qui il est passé régulièrement déjeuner après cette rupture. Devoir gagner tous les trois jours, c’est un rythme de dingue. Tu ne sais plus où tu habites ! Moi, j’étais fatigué, et lui devait l’être encore dix fois plus. A un moment, il faut savoir partir. Mais lorsqu’il retournera à Arsenal, il sera toujours chez lui. »
Ce moment n’est pas encore arrivé. « Trop d’émotions, trop douloureux », clame celui qui se tient à l’écart de ses successeurs après avoir officié à 1235 reprises sur le banc des Canonniers. Mais même de loin, aujourd’hui, lorsqu’il regarde en direction d’Arsenal, il peut contempler la trace qu’il a laissée. Celle d’un géant. Celle d’un manager comme il n’en existera plus.

Une loyauté sans faille
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La Juventus, le Real Madrid, le Bayern Munich, le PSG, l’équipe d’Angleterre, les Bleus… Les sollicitations n’ont jamais manqué pour Arsène Wenger, mais celui-ci n’a jamais pu se résoudre à laisser tomber Arsenal qu’il avait chevillé au corps. « Arsenal, c’était tout pour lui. S’il n’est pas parti, c’est qu’il savait aussi qu’il n’aurait nulle part ailleurs la même latitude », estime son ancien capitaine Patrick Vieira.
L’entraîneur a laissé une trace indélébile chez les Gunners. Mais depuis son départ, en 2018, il n’a jamais annoncé sa retraite. Son nom est d’ailleurs revenu lors de la succession de Niko Kovac au Bayern en 2019. « Le banc me manque beaucoup, j’ai été drogué pendant trente-six ans, on ne se défait pas de cette addiction du jour au lendemain, disait-il en octobre dernier. Ce sont les week-ends qui sont les plus difficiles. Mais il faut aussi savoir se raisonner et ne pas faire le combat de trop. »
Aujourd’hui à la FIFA, où il exerce la fonction de directeur du développement du football mondial depuis novembre 2019, Arsène Wenger réfléchit à l’avenir de ce ballon rond qui a régi sa vie. « Il peut encore beaucoup donner au football, juge Boro Primorac, car il a des idées pour le faire progresser. » L’Alsacien s’attache maintenant à combler « le fossé » entre l’Europe et le reste du monde, conscient de la « responsabilité pédagogique » de la FIFA pour rendre le foot toujours plus universel. Et reste un spectateur averti car pour lui, « une journée sans match de football est une journée vide ».

L’Alsace par procuration

Arsène Wenger a quitté l’Alsace en 1983, direction Cannes, et sa carrière d’entraîneur ne l’a plus jamais ramené entre Rhin et Vosges. Bien sûr, les crochets dans sa terre natale ont été nombreux pour retrouver ses parents Louise et Alphonse, son frère Guy ou sa sœur Denise, tous décédés aujourd’hui. Loin des yeux mais toujours près du cœur, il a entretenu une relation à distance avec sa région.
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Arsène Wenger entouré des anciens de l'AS Mutzig avec lesquels il avait joué en 1969 et 1973.
« Il n’a jamais oublié ses racines, ni ses amis, certifie Boro Primorac qui l’a accompagné au Japon et à Londres. Même à Nagoya, il avait trouvé une petite communauté alsacienne ! Et un restaurant aussi ! Moi-même je connais aujourd’hui des centaines d’Alsaciens… »
Tout au long de sa prolifique carrière d’entraîneur, il a gardé le contact avec ses anciens coéquipiers de Mutzig et d’ailleurs. « On a sillonné l’Europe entre potes pour suivre les matches d’Arsenal, confie Jean-Marie Duton, qui faisait le facteur pour la mère d’Arsène Wenger, en partant le voir dans sa période monégasque avec le coffre chargé de pots de confiture maison. Ce sont vraiment de beaux souvenirs. On allait le voir à l’hôtel avant les matches, il nous donnait des billets. On s’est retrouvé en loge plus d’une fois. »
« C’est un terrien, il a le sens des valeurs, de l’amitié, complète Michel Bossert, un autre de ses proches. Et puis, partout où il va, sa renommée le précède. Il est respecté. On l’appelle « le Professeur » et on l’écoute. »
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Le manager d'Arsenal aimait recevoir la colonnie alsacienne, comme ici les Canonniers d'Alsace de Wittenheim, à l'Emirates Stadium.
Le manager d’Arsenal a ouvert grand les portes de Highbury puis de l’Emirates comme celles de Colney, le centre d’entraînement, à sa colonie alsacienne. Il aimait recevoir. « Je me souviens qu’on avait mangé une pizza à côté de Highbury, on avait pu discuter tranquillement, raconte Pierre Dillinger, le président du club de Schirrhein. J’avais vu le match en loge. Le pompon, c’est que j’avais même pris le goûter avec l’arbitre avant la rencontre ! »
« Il ne dit jamais non. Il avait besoin d’avoir des Alsaciens à ses côtés, ça lui faisait du bien, assure Denis Hildenbrand, président du FC Still 1930, qui rend la pareille à son ami, de temps à autre, dans son restaurant de Duppigheim. C’est quelqu’un de fidèle ». Sa carrière en atteste.
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